Notre différence




Aller vers le public, démocratiser l’opéra… Oui, mais… Plus qu’une simple idée déjà expérimentée par de nombreuses compagnies lyriques de tailles et d’envergures diverses, plus qu’une simple envie déployée à plusieurs reprises à l’initiative de festivals ou de théâtres plus ou moins importants, ce projet-ci s’appuie, avant tout, sur un réel savoir-faire et sur une convergence artistique et humaine forte.

Metteur en scène, chanteur et pédagogue, j’ai initié et fondé cette troupe en m’entourant, au fil des années et des rencontres, de chanteurs - me reconnaissant ces compétences! - désireux de pousser plus loin leur envie de théâtre, demandeurs d’une direction d’acteur exigeante, soucieux d’acquérir un savoir-faire précis et maîtrisé… L’art consommé de l’interprète en somme !… Qu’il acquière autonomie et qu’il devienne un véritable partenaire artistique pour le metteur en scène et le chef musical, en cessant d’être seulement un pion, un « nom » éventuel pour l’agent et le programmateur…

C’est donc avec tous ces éléments en tête qu’est né le projet « Don Giovanni », projet articulé, dès le départ, autour de la création de ce nouvel outil de production qu’est la Nouvelle Troupe Lyrique. C’est sur la force du « collectif » que nous basons notre envie de renouveau et de changement.

Bousculons les habitudes du « métier », lançons les bases d’une petite révolution interne dans le milieu lyrique, rétablissons un vrai rapport avec le public, qu’il soit convié à notre fête, pour huer ou applaudir à tout rompre, replaçons le théâtre et l’interprète au centre, occupons nous d’art et seulement d’art… Nous serons ainsi, véritablement, dans la lignée de Mozart, de Rossini ou d’Offenbach, qui mettaient leurs talents et leurs savoir-faire au service de cette rencontre entre une œuvre et le public, sans qu’on les taxe – jusqu’à présent ! – de compromissions trop importantes ou de culture populaire à succès…

Notre désir est « singulier » au départ, il s‘agit de tracer un chemin, avec détermination, en écoutant sa propre nécessité et les besoins et demandes du « milieu » professionnel; ce désir se projette - hors des formatages actuels - dans le « collectif » de la troupe et du rapport direct au public; et nous espérons bien, à l’avenir, que le public pourra bénéficier des résultats de cette quête, de cette « vision » pour l’art lyrique. C’est un nouveau modèle que nous souhaitons construire, un modèle qui sorte des sentiers battus, un modèle de vivre-ensemble, de mélange des genres, de croisement des disciplines et des publics; mais aussi un modèle qui retrouve les savoir-faire et les bonnes « recettes » (au sens d’habileté, mais aussi au sens de recettes financières!) du passé et de nos illustres prédécesseurs.